JOB (illustration de) Jean de la Poudre (1896) par Henry de Brisay

Jean la poudre (1896)

par Henry de Brisay   (1862-1919)

illustrations de JOB    (1858-1931)

 

Par Charavay. Mantoux. Martin. Librairie d’Éducation de la Jeunesse, Paris

Pagination : XII + 245 + 4 pages

Illustrations in et hors texte en noir et en couleurs

100 illustrations inédites de JOB

Percaline rouge à décor de Paul Souze

Collation : in-4°

Format : 32,2 x 24,7 x 3,5 cm 

Dégradation de la couleur du premier plat. Mouillures sur la première serpente. Tranches dorées abîmées. Charnière abîmée entre le deuxième plat et la page de garde. Rousseurs en bordure des pages

JOB : Pseudonyme de Onfroy de Bréville, Jacques-Marie-Gaston ; peintre et dessinateur. – A également exposé sous son patronyme de 1866 à 1892, avant de se consacrer exclusivement au dessin humoristique. – Chevalier de la Légion d’honneur (1897)

Henry de Brisay : Homme de lettres. – Auteur de pièces de théâtre. – Écrivain pour enfants. – A utilisé les pseudonymes de L. de Bayris ou L. de Baïrys


Dans le début du roman, Jean la Poudre (1896), le vieux militaire est utilisé massivement, mais de façon clairement parodique. Il s’agit de l’instructeur de jeunes troupiers en partance pour l’Algérie, qui le pressent, le soir venu, de raconter ses souvenirs, mais l’interrompent régulièrement pour souligner ses mensonges, oublis et exagérations. Les souvenirs du soldat deviennent ainsi un amas d’épisodes mêlés, fantasques et amusants, donnant forme à une autre vision de l’épopée algérienne. Le vocabulaire militaire est leste et méprisant pour les indigènes, la syntaxe est désarticulée au profit d’un effet narratif amusant. L’histoire se déroule en 1841, et les souvenirs du vieux soldat couvrent la décennie antérieure. Les jeunes troupiers abordent une Algérie en pleine rébellion, et ils ne tardent pas à poser au caporal des questions sur Abd el-Kader :

Si je l’ai connu, espèce d’enfant ! répliqua Eusèbe en tortillant sa moustache d’un air vainqueur, si je l’ai connu ! Mais c’est-à-dire que vous diriez à Abd el-Kader « Connaissez-vous le caporal Piton ? » il vous rirait au nez et répondrait « mais je ne connais que ça, ma vieille » !

Le soldat matamore est cependant interrompu par l’arrivée de son supérieur. La rencontre avec Abd el-Kader n’est donc jamais racontée, mais un autre personnage, supposé appartenir à l’entourage de l’Émir, occupe une place importante dans le roman. Il est « insaisissable comme l’émir », et fait partie de l’intrigue principale, car il a tué par traîtrise le père des deux jeunes héros. Les récits du militaire constituent ainsi une sorte de préambule au roman, un passage obligé qui fournit l’occasion de rire de cette Algérie mystérieuse, dominée au moment de la rédaction du roman comme le rappelle une postface. Les dangers associés à Abd el-Kader sont désormais une ressource purement romanesque et les souvenirs des vieux soldats sont pris avec distance. L’Émir ne figure plus en personne dans ces récits pour la jeunesse : son nom suffit à planter le décor.

(Source : journals.openedition.org)

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